mercredi 19 octobre 2011

Trois sœurs made in USA

L'aura de Gene Tierney...
Avec la caméra qui peut remonter le temps, comme la mémoire, je zoomerai sur Gene Tierney, qui m’a absolument ravie dans Laura et surtout Péché mortel, dans lequel je l’ai découverte. Première scène du film, son visage est caché par le livre qu’elle lit, quand elle le baisse, j’ai poussé une exclamation qui a fait rire le spectateur derrière mon siège… En plus ce film a du échapper à la censure pourtant vigilante de l’époque car elle commet des actes que je ne saurais dévoiler ici par égard pour ceux qui voudraient pécher…J’ai eu une période, bien après l’adolescence, où j’étais vraiment fan. 

Une autre que j’ai peu vue, avec un prénom français joliment désuet, un regard troublant, Madeleine Stowe, aux côtés de Daniel Day Lewis dans Le dernier des Mohicans  et de Bruce Willis dans L’armée des 12 singes . Télérama titrait il y a quelques années qu’elle n’était plus…j’ai cru qu’elle était morte, non ils voulaient dire « plus la même » car elle s’était fait « retaper, refaire, lifter… », je n’ai pas pu me faire une idée, ne l’ayant pas vue récemment dans un film, et pour cause, mais d’après les photos elle a certainement perdu des rides mais aussi du charme, et Hollywood l’a quand même laissée choir, comme d’autres, je pense à Geena Davis, voluptueuse Thelma

 
The end avec Faye Dunaway dans le film de Jerry Schatzberg, Portrait d’une enfant déchue, film sorti brièvement en 1970, qui non seulement n’a pas pris une ride, mais resplendit avec une grâce à faire pâlir encore plus blancs les fadasses navets trop souvent servis le mercredi. Là je parle plus du film que de l’actrice, fantastique dans ce rôle de mannequin, qui a par ailleurs une filmographie imposante mais ne m’a jamais fait rêver comme les précédentes.



Puisqu’on en est aux confidences oniriques si je devais citer des acteurs une mention pour Garry Cooper jeune (gare, gare, gare, Gary Cooper s’approche du ravin d’enfer…) et Sean Connery même vieux!

 
 

mardi 18 octobre 2011

Maron

C’est l’anagramme de roman, ici il sert plus modestement une tentative d’écriture sur l’automne ...
C’est aussi une couleur chaude, avec deux r qui roulent de la « terre de Sienne » à la « terre d’ombre », naturelle ou brûlée.

C’est la splendeur de l’automne flamboyant, la période où les couleurs sont les plus belles, avec des dominantes de jaune et quelques rouges, qui vont du vermillon de certains arbustes à la pourpre alizarine de la vigne vierge...
le même arbre sous toutes ses couleurs

L’automne, cela évoque souvent les souvenirs, peut-être parce que c’est la saison des rituels, des reprises, des rentrées, du recommencement... c’est la saison qui s’approche de la mort et qui en même temps la nie superbement, il y a loin des érables flamboyants aux petits troncs rabougris tremblant dans la neige et le brouillard d’hiver.

« Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s’élève
Et gémit dans le vallon...
C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents ;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants... »
Ce poème de Lamartine doucement chanté par Brassens se nomme « Pensée des morts ».

C’est le moment où affleurent, à la Pérec, le plus de « Je me souviens... ».
Je me souviens de quelques bribes de poésies sur l’automne :
« Automne malade et adoré... »
« Elle avait le cœur un peu serré, c’était la rentrée !... »
et surtout celle d’Apollinaire, que j’ai apprise plus tard, comme un défi à la perte progressive de la mémoire (ce qui n’a pas été appris par cœur avant 20 ans ne se retient pas bla-bla-bla), et aussi parce que ce poème est à l’opposé de ce que j’apprenais lors de mes rentrées automnales.

« Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux tristes et vergogneux... »

Je me souviens des promenades dans les forêts et des bogues de châtaignes qui craquent sous les pas, tout un concentré de choses vues ou reconstituées dans un kaléidoscope de couleurs où la lumière n’est pas trop vive, comme en été, et appose une empreinte de douceur sur tout ce qu’elle touche.

Les analogies se ramassent à la pelle, comme les feuilles mortes, et la petite madeleine ne peut se suffire d’une tasse de thé, c’est plutôt l’infusion d’une tonne de feuilles et autres humus coagulés comme ce thé chinois qu’il faut casser au couteau.

Je l’ai faite, ma balade automnale, seule, avec un paysage noyé dans la brume et un ciel dégorgeant de lavis de gris, et, contrairement à l’aquarelle où les teintes s’estompent à mesure que le papier sèche, ici les couleurs du ciel se sont foncées jusqu’au noir d’encre faisant ressortir les verts gorgés d’eau des champs et des arbres.

 
J’ai vu trois ânes dans un pré, deux gris et un noir très peluche...S’il avait fallu les peindre, ces ânes (Cézanne peint !), j’aurais eu beaucoup de mal à trouver les couleurs.


J’étais partie avec l’intention de cueillir des mûres, mais celles qui avaient survécu étaient trop mures (murmures...), et j’ai ramassé quelques champignons dignes de figurer dans un dessin animé, bolets, lactaires plus rigolos que délicieux, et coulemelles.

Si le temps n’avait été aussi menaçant, et si j’avais eu des chaussures étanches, il me semble que j’aurais pu marcher pendant des heures, tellement je m’enivrais des senteurs de la terre humide, tellement je ne pensais à rien hormis les sensations de l’instant... comme s’exclamer niaisement devant un champignon aussi énorme qu’une scarole ou glousser de plaisir devant les avancées tumultueuses des nuages car je savais que je serai rentrée avant la tempête ! 

Ce petit conte d’automne ne pèse pas lourd dans les comptes d’automne (de ma vie), ni dans les comptes de résultat, mais il est à mettre au bilan de ce qui est intouchable, sentiments et correspondances, défis lancés au temps, aussi éphémères soient-ils, et tous les possibles, timides tentatives ou grands projets - contre l’oubli et le repli rance et racorni de l’hiver.

Bientôt nous plongerons dans de froides ténèbres ;
adieu vive clarté de nos étés trop courts…[1]

mais faut pas se plaindre hein…
il est pas si mal cet été indien !!![2]




[1] Baudelaire/Les fleurs du mal/chants d’automne
[2] ça c’est le dicton du jour

vendredi 7 octobre 2011

chat-chat-chat

Cette nuit je ne dormais pas et je pensais à des chats, pourquoi cha ? qui n’étaient pas forcément gris…sauf la chatte qui venait parfois dans mon bureau, elle s’était fait adopter par l’institution, belle indépendante qui ne rendait des comptes à aucun maître, mais la route a eu raison d’elle, comme de beaucoup d’autres dans le secteur….




Chat                    chatte                chatons              chatteries
minet                  féline                  polissons            cajoleries
mutin                  câline                  mignons
matois                chafouine
matou

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.[1]

cherchez les chats...
L’été 2007, je me suis retrouvée dans une petite maison dans le Queyras, les propriétaires, des Allemands qui étaient tombés amoureux de la région l'étaient aussi des félins et ils en possédaient 11 ; leur fils est  venu leur rendre visite, avec femme, enfant, un chien et 12 chats !!!!! L’excellent vin du Rhin qu’ils nous ont fait déguster atténuait les effluves ammoniaquées de ces charmantes bestioles.


chat d'Iran
chat délirant
chat Persan
chat paressant
chat du Poitou
chabichou
chabadabada...




Les Sinéchats, l’énigmatique sourire du chat du Cheshire,  le Bébert de Céline, les Matous de Colette, les félins contemplatifs de Sempé, le chat perché de Marcel Aymé…et dans cette folle charabande j’ai choisi pour la fin celui de Jacques Roubaud.


Poème du chat

ou sur le canapé!

Quand on est chat on n'est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant les pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)

Quand on est chat on n'est pas chien
on ne lèche pas les vilains moches
parce qu’ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d’amour pour son prochain
(quand on est chat, on n'est pas chien)

On passe l’hiver sur le radiateur                                 
à se chauffer doucement la fourrure

Au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les sales oiseaux

On est celui qui s’en va tout seul
et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat)



En bonus, le chat de Simon :





[1] Baudelaire/Les fleurs du mal/Le chat

lundi 19 septembre 2011

Nach dem Frühstück

Côté Frühstück je n’ai pas été déçue 
Même par celui du Goethe Institut
Mais le meilleur dans le petit matin
Ce sont les tout chauds petits pains


Et mes préférés, les Brötchen de Leipzig, croustillants et variés…


Pour le reste on ne va pas parler de nourriture, sauf pour rigoler un peu…le repas de midi, quand nous étions en cours, se prenait dans une cantine, autrefois lieu de formation soviétique de l’armée, et il n’y avait pas que la décoration qui avait gardé des relents de KGB…

Les châteaux et les belles villas sont nombreux sur les rives de l’Elbe, et les vieux étudiants que nous étions, pour la plupart, décuplaient d’énergie pour découvrir les trésors de Dresde et des environs.

Une soirée à l’Opéra vous transportait au XVIIIéme siècle, sauf que la musique, plus contemporaine, n’était pas forcément pour tous en harmonie avec le lieu. Mais j’ai toujours aimé les contrastes, et à Leipzig j’ai été servie… en traversant la place du marché pour aller à la Thomaskirche, (l’église de Bach), écouter une Motette, j’ai d’abord vu une centaine de « Hare Krishna » courant et tintinnabulant, je n’avais pas vu cela en France depuis de nombreuses années…et à la sortie de la messe, quelques punks à l’iroquoise verte venaient parfaire le tableau de la diversité.

L’autre église de Leipzig, Nicolaïkirche, est une vieille église symbole de la naissance des mouvements pacifiques de la DDR, lieu des célèbres prières des lundis. D’autres symboles sont devenus des bouffonneries grand-guignolesques, comme Checkpoint Charlie à Berlin. Il est préférable, dans cette grande ville, d’aller voir du côté de la Warschauerstrasse, où l’imagination s’est emparée de quelques pans du mur.




Ach so, et Dresde où je suis restée bien plus longtemps…les impressions générales, parfois trompeuses et superficielles se sont confondues avec  des questions souvent sans réponses…Et puis cette crise dont on veut nous faire croire qu’elle est sur son déclin alors qu’elle ne fait peut-être que commencer, brouille encore plus les cartes. Le ressentiment envers ceux de l’ouest qui sont plus riches, qui ont obtenu des postes haut placés…n’est peut-être qu’un trompe l’œil pour une société qui a du digérer ses désillusions en croyant faire siennes des illusions largement importées. 

La Hofkirche de Dresde au crépuscule

Mais l’Allemagne éternelle, les brumes des Nibelungen et des rives du Rhin, les souffrances du jeune Werther et les chants de la Lorelei sont aussi présents près des frontières de la Pologne que dans les châteaux de Louis II de Bavière.




Parmi les livres dont les nazis firent un autodafé en 1933 se trouvaient ceux de Heinrich Heine, je citerai surtout son Buch der Lieder, livre des chansons et une citation :

Das war ein Vorspiel nur, dort wo man Bücher verbrennt, verbrennt man auch am Ende Menschen.[1]





[1] Ce n’était qu’un prélude : là où on brûle les livres on finit par brûler les hommes

mercredi 31 août 2011

On connaît la chanson….


La chanson est un art mineur, c’est ce que sortait Gainsbourg, toujours provocateur, devant un Guy Béart furax…

En mineur ou en majeur Gainsbourg a écrit des chansons magnifiques et si tout le monde connaît la rengaine l’eau vive, peu de gens savent que Béart a écrit une chanson (je vais avoir du mal avec les adjectifs dans ce texte, je le sens…) éternelle d’actualité, Parlez moi d’moi, (y’a qu’ça qui m’intéresse, parlez moi d’moi, y’a qu’ça qui m’donne d’l’émoi…), que je rêvais de dupliquer et d’envoyer à pas mal de gens, surtout les politiques, enfin tous ceux qui commencent leur phrase par : moi je ; dans un registre proche, Tamalou, de Françoise Hardy, fait du bien dans cette époque  geignarde et nombriliste. 

La chanson éveille, réveille des souvenirs, toujours un coin qui me rappelle, trotte dans la tête quand elle ne la fait pas tourner, s’évade et puis revient,   pourquoi celle-là, qui m'agace ? ( Céline toi qui as toujours de beaux yeux... scie pour moi et d’autres je l'ai constaté).

La chanson est un signe d’appartenance, j’ai eu une brève période yéyé, que je ne renie pas, cela m’a permis quelque temps de croire à l’illusion de faire partie d’un groupe, ni meilleur ni pire que ceux des engagements.

J’ai gardé du goût pour certaines chansons, Bonne chance de Johnny, écrite par Aznavour, Le premier bonheur du jour, de Françoise Hardy, et d’autres qui refont surface de temps en temps.

Durant mes écoutes adolescentes je me souviens de ma mère me disant de baisser le son de l’électrophone (késako ?) quand je passais Johnny fais moi mal, mais chui pas une mouchcheu… (Boris Vian), de l’émerveillement des musique de Ferré sur les poèmes de Verlaine et Rimbaud avant Amour Anarchie.

Une chanson que je n’ai pu retrouver, Rue de Crimée, chantée par Mouloudji, mais je l’ai toujours dans un petit coin et sur un vieux 45 tours (la marchande de tabac était intellectuelle, elle m’avait remarqué parmi tous ces voyous, qui fumaient et juraient avec des airs de loup, aimant mon front sérieux, ma chevelure rebelle…).

Plus tard j’ai tu certains attachements, ça ne se faisait pas dans le milieu gaucho de dire qu’on aimait Dalida, mais j’adore chanter, je dirais même beugler L'histoire d'un amour et je me rattrape aussi sur Il venait d’avoir 18 ans.

La chanson dérive, chavire, se joue des mots et des tours,  elle évoque une époque, une personne, un sentiment, une petite note lancinante suffit à créer l'ambiance.

Tarantino a redonné une place de choix à la chanson, bang bang a été réutilisée, en espagnol, chantée par Dalida, dans un film canadien (Les amours imaginaires).

Avec le temps, la chanson embellit, se pare de nostalgie, il y a certaines chansons qu’on ne peut plus écouter… pas cette chanson, non, non, non! Et il y a des voix so sensuelles, celle de Léonard Cohen quand il est my man, la chanson est impertinente avant d’être pertinente, J’aurai ta peau, Léon

La chanson apaise, cajole, réconforte, câline, j’ai eu des chansons, voire des albums doudou , celui de Birkin (double CD Je suis venu te dire que je m’en vais) et Katie Melua avec Piece by piece.

Et les rencontres de hasard (que nenni dirait le psy), celle d’ Antony (and the Johnsons) et le choc de voir à Fourvière un bonhomme si gauche à la présence aussi envoûtante !

La chanson rassemble, voir les fêtes, les rituels familiaux, les chorales, mais il y a des connivences beaucoup plus restreintes qu’en littérature, je ne connais qu'une personne avec qui je peux évoquer Antony.

Il y a des énigmes, la recherche d’un chanteur après une voix entendue sur une cassette rapportée de Turquie, les fausses pistes; quand je suis allée à Istambul, j’en ai acheté une qui n’avait rien à voir, et je l’ai trouvé, Ahmet Kaya, un CD qui fait partie de mes trésors, il est mort peu après, dans des circonstances troublantes.


Dis, mais quand reviendras-tu de Nantes ou de Göttingen nous chanter une petite cantate pour nous soulager de nos insomnies et nous distraire du mal de vivre ?


Une chanson pour finir
Un bijou à (re)découvrir
Le bal perdu (c’était bien)
Chanté par Bourvil sinon rien
La chanson peut être un art mineur
Qui apporte tout plein de bonheur





samedi 27 août 2011

Vor dem Frühstück

 
Le livre d’allemand que j’avais en seconde est un monument, pour certains ce serait plutôt un fossile, et le sous titre de l’ouvrage est : Phantasie und Wilklichkeit… pour ce qui est de Wirklichkeit, la réalité, on ne trouvera pas dans ce livre des éléments pour la vie quotidienne, tout au plus des planches grammaticales à la fin. Quant à la Phantasie, l’imagination, Gemüt, le sentiment, Sehnsucht, la nostalgie…. à fond la caisse, et même des passages en gothique !

A propos de passage, c’est une seconde langue que je « prenais » alors comme première langue, j’étais donc volontaire, pourtant les 2 années précédentes avaient été conduites d’une main de fer par une prof (psycho-rigide dirait-on maintenant), mais le charme avait opéré, et je crois que cette littérature, ces légendes, du roi des Aulnes à la Lorelei, me faisaient plus rêver que les textes insipides d’anglais comme  A tea at Mr. Picwick  et  Bound for Oregon.

Quand nous étions en Allemagne, l’été 90 je crois, les enfants se fichaient de ma figure car je ne savais pas lire la carte du resto, ne connaissais pas le vocabulaire usuel, en particulier le mot poubelle ; certes, mais je pouvais citer le mot Abfälle, et le texte de Rilke auquel je le référais, qui parle des exclus et des déchets de l’humanité…

Toujours lors de ce voyage, quand nous avons découvert la prodigalité des petits déjeuners allemands, nous nous étions amusés à faire deux photos ; sur l’une nous rentrions le ventre et creusions les joues, vor dem Frühstück, sur l’autre on se laissait aller, pansus et repus, nach dem Frühstück

Si j’écris ce texte maintenant, c’est avant de partir 18 jours en Allemagne, avec deux semaines de cours au Goethe Institut de Dresde, et même si je suis atypique pour être évaluée avant les cours, au moins je ferai un peu rire les Allemands avec mes bases très XIX siècle…

Une petite joke pour défendre cette langue, c’est un Allemand sur le sol français, qui dit : « che ne comprends pas, on dit que l’allemand est une langue ddure, guttturale, et pourtant quand on traduit : Siehst du den kleinen Fluss, der fliesst dort in dem Tal, ça ddonne en français :
Regarte la p’tite riffière qui koule là-bas tans la ffallée





Et j’aurais au moins des photos modernes  pour nach dem Frühstück !

samedi 20 août 2011

Bœuf bourguignon

Trois semaines dans une maison près de La Clayette[1]
Et cela suffit pour se laver complètement la tête

Mais si c’est pour faire des rimes aussi débiles il faudrait peut-être changer de shampoing !

J’ai tenté d’écrire sur l’Italie, mais ce n’est guère encourageant, et certainement plus original et plus drôle sous la plume de Stendhal ou Dumas. 

Dans cette région de la Bourgogne, le Brionnais, beaucoup d’églises, romanes en diable, de la modeste chapelle de St Maurice les Châteauneuf au-milieu d’un petit cimetière de guingois jusqu’à la basilique de Paray-le-Monial, avec ses pèlerins[2] et pèlerines, et les merveilles d’Anzy-le-Duc, Semur-en-Brionnais, et Bois-Sainte-Marie pour son déambulatoire et ses chapiteaux.

la vierge au raisin  Semur
Il y a aussi tout plein de châteaux, La Clayette, Drée, Chaumont…


Mais surtout il y a des vaches et la plupart ont des cornes !, taches blanches dans des prés vallonnés et ceints de haies et de petits murets, on dirait que les fermiers se relèvent la nuit pour les égaliser…c’est une campagne active, où la main de l’homme a beaucoup foulé le pied, et prolifique en animaux de toute espèce, insectes, rongeurs, oiseaux (que de buses ! et grasses) et même des tourterelles carrément obèses…on se passerait bien des aoûtats, moustiques et guêpes…une fouine avait fait son nid dans le toit de la maison, et marqué son territoire qu’elle n’était pas prête à lâcher, et les propriétaires n'avaient pas invité les rats taupiers en subway dans leur jardin.

Le mercredi, jour de la foire aux bestiaux de St Christophe en Brionnais, l’activité est encore plus frénétique, et on croise toute la journée sur les petites et grandes routes, des camions vides ou pleins de bovins.

J’ai eu l’idée d’un monopoly bourguignon, Burgopoly, où de grosses fermes-manoirs correspondraient aux maisons de la rue de la Paix, et les hôtels seraient remplacés par des troupeaux et des tracteurs. Pour élargir l’horizon, quatre grands vignobles pourraient remplacer les gares, Clos Vougeot, Gevrey-Chambertin, Meursault et Nuits-St-Georges, j’ai pris ceux là non pas en connaisseuse mais surtout pour leurs noms.

Et un de ces petits vins accompagnerait un morceau de choix, bavette, onglet, manteau, araignée, hampe… mieux encore poire ou merlan et comme dessert je suggère une descente à la pâtisserie de La Clayette, dont la vitrine est déjà un plaisir. 



sunset en Brionnais

C’est une campagne reposante qui éveille les sens, ou les réveille de la télé, l'ordinateur et autres vacuités addictives; on pourrait faire des comparaisons avec l'Angleterre et l’Italie, et si je ne suis pas beaucoup plus inspirée, c’est d’abord à cause de la chaleur on va dire…et je vais compenser le déficit d’imagination par quelques photos. 


Dans l’église la plus proche de la maison, il y avait un autel en pierre, lui aussi de style roman, percé à l’arrière d’un trou dans lequel on peut introduire la tête. Il s’agit d’un débeurdinoire  destiné à soulager toutes les formes de la bêtise universelle.


[1] On prononce La Clette
[2] A propos de pèlerins voir le film Lourdes