dimanche 6 janvier 2013

Coquin, ne t’ai-je pas interdit pour un mois ?


Comment mais cela fait plus d’un mois que tu n’as pas écrit !
C’est affreux, et rien ne vient…la source qui n’était déjà pas si abondante se tarit…Comme d’habitude on va essayer de s’en sortir avec une petite pirouette, pas une contrainte car je crois que pas une goutte ne jaillirait…
Pourquoi ce mois de décembre m’a-t-il si peu inspirée? bon d’accord c’est  l'avant tout blanc sans neige, la frénésie, mais je crois que le pire était dans l’actualité qui m’a laissée sans voix et sans mot.
Alors je me suis endormie au début de ce mois des frimas et je me réveille là, à l’aube de cette année impaire.
Mon premier mouvement est de m’étonner d’être encore en vie puisque la fin du monde était programmée, allons allons trouve autre chose...
le pélican du Parc
Mes yeux s’écarquillent quand je découvre hier le grand titre du journal local,   Bardot prendrait la nationalité russe à cause des éléphantes du Parc… Bon là j’ai du mal à faire la mise au point. Pourquoi la Russie, et pour les éléphants je suis d’autant plus agacée que j’ai lu pendant mon sommeil d’hibernation, si si c’est possible, les racines du ciel. Si Bardot veut parler d’éléphants elle devrait lire Romain Gary, elle saurait au moins de quoi elle cause quand elle parle de ces bestiaux.
 
Mes yeux s’agrandissent encore quand on m’informe que tout cela n’est pas une histoire d’éléphants à sauver mais de pognon à sauvegarder et qu’au départ c’est Depardieu qui partait en Belgique pour échapper au fisc hollandais. Là c'est trop je demande à me rendormir car je n’y comprends rien et le peu que j’entrevois me laisse songeuse et dubitative.
On me dit que Torreton a répondu avec panache à l’acteur, nouvelle représentation de Cyrano mais là ils en font un peu trop je trouve auprès d’un public qui ne leur a rien demandé…Et je ne comprends toujours pas pourquoi Bardot veut aller en Russie, pourquoi pas la Belgique elle aussi, soit belge et tais-toi pourrait-on dire à l’un et à l’autre.
Ah bon le scoop c’est Poutine qui invite tout ce beau monde à rejoindre son beau pays, grande démocratie il a dit l’acteur bouffi, et là ce ne sont plus les yeux ce sont les bras qui me tombent des cuisses comme on dit à Lyon chez la mère Cottivet et puis je crois qu’il vaut mieux laisser choir carrément cet indécent feuilleton…
Avant de m’endormir j’avais été profondément secouée par ce que j’apprenais du Congo, des femmes violées et du docteur Mukwege, qui lui s’est réfugié en Belgique pour échapper à ses assassins.
L’étudiante violée à Delhi est morte, des femmes manifestent au Népal suite à un viol, et je me dis père Noël  il y a encore du boulot du côté de la place des femmes partout dans le monde et encore plus du côté de la haine de la femme, quant à la haine de soi c’est autre chose qui rejoindrait presque le vaudeville Depardieu.
Et ces femmes (voir l’article du Monde du 28 novembre, viols en RDC, la croisade du Dr Mukwege) ont crié si fort que je les ai entendues pendant mon sommeil, qu’elles ont éclipsé et de loin les débats sur le mariage gay, le mariage pour tous et tutti quanti. Et j’ai l’impression de revenir d’un autre sommeil, plus lointain, enfoui dans les brumes anars, quand j’entends les homos réclamer notoriété, égalité, sécurité, cela fait carrément ringard pour moi qui étais contre le mariage. Simone Weil d’abord, Badinter ensuite, ont fait promulguer toute une série de lois sur le code civil qui n'ont fait que prendre en compte l’évolution de la société (suppression enfant légitime enfant naturel et autorité parentale conjointe). Le reste suivra me dis-je, malgré la calotte qui va communier dimanche prochain et la droite qui veut se refaire mais pitié qu’on ne mélange pas tous les genres…
Qu’est-ce qui va me faire tenir pour ne pas me rendormir ?

Je vais chercher , les femmes Indiennes et Népalaises ouvriront peut-être la voie à l’Afrique, il y a encore du pain sur la planche chez nous puisqu’une actrice qui aurait du rester muette peut dire que les femmes font de bonnes infirmières grâce à leur instinct maternel. Bon RIDEAU pour les mauvais comédiens, nous trouverons de quoi nous satisfaire, un peu, beaucoup, en tout cas passionnément je le souhaite sur le grand théâtre de la vie.


                         Un autre aperçu lyonnais que l'article du Progrès


    Le titre de cette note est la première réplique de Cyrano, à Montfleury



jeudi 29 novembre 2012

Une petite entreprise



Julio Cortazar, dans Cronopes et Fameux, donne des instructions pour pleurer, pour chanter, pour monter un escalier ou tuer des fourmis à Rome…   

En voici quelques unes pour monter un club SM

Il faut que le lieu soit accueillant mais aussi un peu inquiétant, une cave aménagée en grotte fera l’affaire. La clé de votre réussite sera la maîtresse de cérémonie que vous embaucherez ; il vous faut être très vigilant sur le profil recherché et la rédaction de votre annonce, et bien sur vous devrez la tester pour évaluer ses compétences : dominatrice, pas jusqu’à la caricature ; maternelle, c’est exclu ; de l’empathie juste ce qu’il faut pour être attentive au bien être des clients et sa meilleure qualification résidera dans sa capacité à endosser plusieurs rôles et à passer de l’un à l’autre avec aisance… comme sur ses différents talons hauts.

mais non pas celui-ci
Apportez un soin particulier à la qualité des accessoires, surtout les fouets, qui doivent laisser quelques traces sans cingler la peau ni l’amour-propre et aussi les menottes, les lanières, les masques…

ni celui-là...
Si vous possédez un appartement ou mieux une maison avec une pièce en sous-sol, n’hésitez pas, cela confèrera un caractère un peu secret à votre installation.

Pour le mobilier je vous suggère des canapés et non des lits, qui évoquent trop la conjugalité, quelques miroirs sans abuser de la chose, on n’est pas dans la rubrique voyeur ; pas trop de rouge ni de noir cela sent son XIXème siècle et le blanc labo est à bannir également.
c'est peut-être mieux...

Il est important que vous ayez des notions de psychologie, en particulier pour ce qui concerne les groupes…savoir repérer les nouveaux, les timides du fond de la classe, les rivalités et surtout les pervers. Je ne doute pas du succès de votre entreprise si vous mettez un peu de corps à l’ouvrage.

Quant à contacter Madame Robbe-Grillet je vous le déconseille, elle a  certainement d’autres chats à fouetter, et ne lésinez pas sur la qualité et l’amour du travail bien fait.





samedi 10 novembre 2012

Envol d’écrits


Si on élargit les possibilités suggérées par la précédente note, de la copie à l’emprunt il n’y a qu’un petit pas à franchir vers le larcin et je propose d’aller faire un tour du côté des rats de bibliothèques, pas ceux qui dévorent les livres, plutôt ceux qui les dérobent…

Le premier pourrait s’intituler le passe-muraille du Mont St Odile . Le lieu, un ancien couvent perché sur un piton escarpé des Vosges, l’ancienne salle du chapitre abrite la bibliothèque accessible à quelques privilégiés. 


pour Sean Connery même moine
En 2000 le père abbé découvre le vol de 16 livres. Il n’y a pas trace d’effraction, on se rapproche du nom de la rose  car des incunables ont disparu et le voleur a laissé une rose dans le trou de la serrure.

Une plainte est déposée, on installe une serrure blindée ; 19 mois plus tard les livres disparaissent par rayonnages entiers et on s’oriente vers le mystère de la chambre jaune .

Finalement cet Arsène Lupin est confondu et filmé dans le passage secret…qui aboutissait au fond d’une des armoires de la bibliothèque. La première fois il s’était introduit dans le lieu en appuyant sur une rosace !
Il avait dérobé, outre le passage découvert dans une revue d’histoire locale, près de 1100 ouvrages en moins de deux ans…

Un autre FDB (fait divers de bibliothèque), le conservateur en chef du fond hébraïque de la BNF a réussi à voler puis à revendre aux enchères, pour 300 000 dollars, le Pentateuque, les 5 premiers livres de la Bible.

Le bibliothécaire de la B. Faidherbe (Paris XI) avait fait disparaître des rayonnages quelques 75 livres portant sur l’islam et le monde arabe. Pour endormir les soupçons il confectionnait de fausses cartes de lecteurs et ce catholique intégriste rapportait chez lui les ouvrages et les détruisait consciencieusement.

La B. de l’Arsenal (Paris V) constate en juin dernier le vol d’un ouvrage célèbre datant de 1557, estimé à plus de 200 000€, Commentarios de Afonso Dalboquerque. Fin juillet des experts s’étonnent de découvrir le précieux livre au catalogue d’une prochaine vente chez Christie’s !
L’objet est retiré in extremis ; le vendeur, grand collectionneur, jure ignorer la provenance de cette pièce restituée au patrimoine français.


Dernier FDB, un bibliothécaire d’Helsinki s’avise que certaines cartes d’atlas ont été découpées. D’autres bibliothèques de part le monde constatent qu’un grand nombre de leurs ouvrages géographiques ont été mutilés. Le voleur subtilisait au cutter des cartes datant pour la plupart du Moyen Age afin de les revendre. 


Un petit clin d’œil vers la restitution poétique…, Lamartine avait emprunté son célèbre vers à Antoine-Léonard Thomas, qui avait écrit un siècle plus tôt : ô temps suspends ton vol ! Respecte ma jeunesse.

mercredi 24 octobre 2012

Troppo allegro



Une copie blanche car je ne sais ce qu’elle va contenir…Puis j’associe à copie cette belle histoire. A 14 ans Mozart assiste à l’audition du Miserere d’Allegri. Ce musicien, prêtre et ténor de la chapelle pontificale, avait composé cette œuvre sublime aux environs de 1638 durant le règne du pape Urbain VIII. Le Vatican, souhaitant en conserver l’exclusivité et en préserver le caractère unique défendit non seulement de le reproduire et de l’exécuter hors de ce lieu saint, mais menaçait d’excommunication quiconque enfreindrait la règle.

Quand Mozart est rentré chez lui, avec son papa, celui-ci a du soupirer que c’était bien dommage qu’on ne puisse pas jouer un morceau de ce choix. Et le fils de Léopold a voulu faire plaisir à son père et a reproduit les 9 voix du Miserere sur une partition qui a fait le tour du monde.

On soupçonna davantage Mozart de l’avoir volée qu’imaginer que ce  jeunot l’avait copiée après une écoute (deux suivant les versions). Elle a été publiée en 1771 à Londres et l’interdiction papale a été levée.

Ce Miserere était chanté a capella, dans la Sixtine, lors des matines du mercredi et du vendredi pendant la semaine sainte.

Et voici ce qu’on ne pourrait entendre aujourd’hui car le jeunot serait poursuivi pour copie illicite et diffusion sans autorisation d’une œuvre protégée.





dimanche 14 octobre 2012

Un dimanche à la consigne


 Il faisait beau dans ma tête. J’avais décidé de passer mon dimanche au bord des mots. Je voulais profiter de cette parenthèse solitaire, de ce ciel lourd et gorgé de pluie, faire comme si le téléphone et l’ordinateur étaient en panne, et alterner, dans ce programme, lecture et écriture. La première pour sortir de moi-même et grappiller chez les autres quelques effluves d’idées, d’atmosphère, la seconde pour me blottir sous la couette des mots, des rêveries, des fantasmes… mots au hasard Balthazar, mots pour ne rien dire, mots pour rire, mots pour faire danser, tourbillonner, mots pour conjurer l’ennui et l’oubli, mots précieux enveloppés dans leur petit sachet, mots secrets à chuchoter dans le noir, mots fous et feux follets, mots douceur qui réchauffent avant l’hiver, mots à déguster sans perdre une miette, des mots pour me trouver un abri le long des fleuves impassibles

dimanche 23 septembre 2012

Vaghe stelle dell’Orsa


Je n’avais pas 6 ans la première fois que papa m’emmena au cinéma et  j’ai déjà signalé dans ce blog que cette découverte était d’abord celle du cinéma italien.

Je ne vais pas faire une rétrospective de la production néoréaliste de la péninsule, juste évoquer quelques films et surtout les actrices, belle et bellissime.

Le festival Lumière qui démarre dans quelques semaines projette plusieurs films de Vittorio De Sica, Le voleur de bicyclette bien sur mais aussi Sciuscia, Umberto D, Un monde nouveau, Mariage à l’italienne et Una breve vacanza.

L’autre Italien du programme c’est Rossellini avec Voyage en Italie. Dans ce film c’est la Bergman qui joue et c’est là que je mentionne le premier duo réalisateur et actrice. Il s’agit d’un duo mixte Hollywood Cinecittà, plus tourmenté que ceux de Fellini /Giulietta Masina et Monica Vitti /Antonioni.

Rossellini je voudrai citer Rome ville ouverte surtout pour la Magnani et évoquer quelqu’un de peu connu, Giovanna Ralli, pour un film au titre mystérieux Les évadés de la nuit (non ce n’est pas Nicholas Ray c’est bien Rossellini).

le n° 5 de Fellini
Une petite séquence Fellini, qui occupait ce studio à Cinecittà. La strada est sortie en 1954 ; elle a été vivement attaquée par la critique de gauche pour avoir perverti et trahi le néoréalisme…
Un film, parce qu’il s’appelle Le chemin de l’espérance de Pietro Germi, 1950
Une actrice, parce qu’on dit la Pampanini, Silvana de son prénom.

Une mention spéciale à Silvana Mangano, et quel contraste entre la Silvana débutante de riz amer (Giuseppe De Santis, 1949), en mondine (femmes venues de toute l’Italie qui vont repiquer dans l’eau les plants de riz) et La Mangano bourgeoise mondaine de Violence et Passion ou l'aristocrate mère de Tadzio dans Mort à Venise.


Une autre à Claudia Cardinale dans le bel Antonio de Mauro Bolognini. Ce film est sorti en 1960, quelques semaines après la dolce vita et l’image du séducteur en prend un sacré coup pour Marcello Mastroianni, il incarne un homme terrorisé par son impuissance et son entourage machiste. Il raconte cette anecdote. « Un an ou deux après la sortie du film, le Brésil ou l’Argentine, je ne m’en souviens plus, a acheté aux Etats Unis un vieux navire de guerre, mais il n’a jamais fonctionné : alors ils l’ont surnommé El bel Antonio ; il ne marchait pas ! ». Ce film, dont le scénariste était un certain Pasoloni, a eu le Léopard d’or au festival de Locarno en 1960 et Jacques Charrier avait bien fait de refuser le rôle !


Toujours Claudia dans Sandra de Visconti (1965), avec le beau Jean Sorel, ténébreux dans ce film trouble aux accents incestueux. Le titre de cette note est le nom italien du film, Pâles étoiles de la Grande Ourse.













vendredi 7 septembre 2012

RATP blues



Adèle dans le métro


J’ai toujours été fascinée par le métro parisien, peut-être l’ai-je d’autant apprécié, jeune provinciale débarquant à Paris, car il me permettait d’avoir des repères (ah la ligne 1 talisman des lyonnais) et de ne pas me sentir complètement plouc. J’aime particulièrement les noms des stations, c’est un peu le grand canal souterrain de la capitale…


 
J’t’ai vue à Bonne Nouvelle
Ah ce que t'étais belle !
En arrivant Place d’Italie
Tu m’as dit t’appeler Zazie
A la  mairie des Lilas
Tu m’as tendu les bras
A la station Pyrénnées
Tu m’as donné un baiser
A Réaumur-Sébastopol
T’étais toute fo-folle
A St Philippe du Roule
Tu t’es mise en boule
A la sortie Trocadero
C’était pas très rigolo
Et à Rochechouard
Tu m’as laissé choir