lundi 27 juin 2016

Le prénom


Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille s’extasie, parfois le sourire s’éteint quand on décline le prénom de l’enfant …

Je fais partie d’une génération où les Emile étaient des bonhommes en maillot de corps qui jouaient à la pétanque… « tu viens, Mimile, tu paies une tournée ? » et les petits Emile côtoient maintenant les Arsène, Fernand, Léontine, Mathurin, Augustine, Virgile, Maguelonne, Gaston, Eugène…

Je me souviens d’une planche de Brétecher (début des années 80) où un couple avouait timidement mais fièrement vouloir nommer leurs enfants Raymond et Janine et cela nous faisait bien rigoler.

Il n’est pas rare de voir reproduit le prénom d’un des parents, plus souvent celui de la mère, sous une forme inversée (Anne-Marie/Marianne) sans que ceux-ci en aient conscience ou sous une forme contractée, ce que j’avais fait remarquer (je m’en suis mordu la langue !) à une collègue, Marie-Joëlle, qui avait appelé son fils Maël.
Dans le foyer où je travaillais dans les années 80, une adolescente d’origine magrébine, Nadia, avait appelé sa fille Djennifer, le plus délicieux étant qu'elle était sure que cela s'écrivait ainsi.
Un petit air des "papillons de ma jeunesse", une amie connait une famille dont les filles arborent les prénoms Alexandrie et Alexandra, elles ont de fortes chances d'être surnommées les Claudettes!
Dans les carnets du Monde j’ai trouvé de mignonnettes annonces
Dans la série c’est difficile de choisir Axelle et Pierre énoncent les prénoms de leur sœur Clara, Jeanne, Louise, Constance.
Très sobre mais bien dans l’air du temps les papas Nicolas et Thomas sont fous de joie à la naissance de Valentin et Hugo, made in USA !
On trouve aussi un Emile avec un  patronyme plus difficile à prononcer, Eisenhauer.
Cela doit faire plaisir à Lénine et à Trotsky, A et F Krivine sont les heureux parents de Vladimir et Léon.
Une citation de Platon pour Joséphine « Il est impossible de bien combiner deux choses sans une troisième. Il faut entre elles un lien qui les assemble… »,
le voilà pour le faire-part suivant.
Au lycée français d’Ottawa une famille a fait dans le gréco-latin en appelant ses quatre enfants Pénélope, Virgile, Aristote et EurydicePénélope était cette année dans la même classe qu’Ulysse dont le frère s’appelle Hippolyte !

Et j’ai toujours du mal à digérer Clafoutis et Térébentine !

lundi 16 mai 2016

ciel bas et lourd

pas beaucoup inspirée, les ombres du soir l'emportent sur le jeu de l'écriture et j'ai un peu oublié les règles, alors je vais faire parler les poètes

  avec Wislawa Szymborska

Certains aiment la poésie (recueil : de la mort sans exagérer)


Certains - 
donc pas tout le monde.
Même pas la majorité de tout le monde, au contraire.
Et sans compter les écoles, où on est bien obligé,
ainsi que les poètes eux-mêmes,
on n'arrivera pas à plus de deux sur mille.
Aiment - 
mais on aime aussi le petit salé aux lentilles,
on aime les compliments, et la couleur bleue,
on aime cette vieille écharpe,
on aime imposer ses vues,
on aime caresser le chien.
La poésie - 
seulement qu'est-ce que ça peut bien être.

Plus d'une réponse vacillante 
fut donnée à cette question.
Et moi-même je ne sais pas, et je ne sais pas, et je m'y
accroche
comme à une rampe salutaire.   


de la légèreté et de l'imprévu chez les "classiques"

Au bord de l’eau

recueil : les vaines tendresses

S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;
Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;
À l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;
Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;
Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter...
Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;
Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;
Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,
Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !


René-François Sully Prudhomme



Je ne résiste pas à l'air du pauvre Lélian

 

Je suis venu, calme orphelin

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.

À vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !

Paul Verlaine
Sagesse - 1881



Au musée d'Aix-les-Bains j'ai eu la bonne surprise de découvrir un Lebasque et plusieurs Rodin.
Dans la série des oeuvres volées pas de nouvelles d'une statue de Boucher "Camille Claudel lisant"  dérobée il y a 15 ans.




Les dorures art-déco du Casino font un drôle de ménage avec les machines à sous. 

Une sortie honorable avec l'Art poétique de Boris Vian

Il est évident que le poète écrit
Sous le coup de l'inspiration
Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien